EE Unit

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 Un petit peu de réconfort en temps de guerre...

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Charles Henderson
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MessageSujet: Un petit peu de réconfort en temps de guerre...   Dim 23 Déc - 18:58

Nous étions le 24 décembre. Le camp d'entraînement EE Unit s'était rempli tout doucement depuis son ouverture au 1er octobre, et comptait à présent quelques résidents permanents, qui se comptaient sur les doigts de la main. Les instructeurs étaient pour l'instant plus nombreux que les recrues, mais la tendance allait sûrement s'inverser. Tous les enfants recueillis dans des états plus ou moins déplorables avaient repris du poil de la bête. Ils allaient tous à peu près bien physiquement, moralement c'était une autre histoire, mais tout le personnel s'occupait d'eux, et la plupart affichaient quand même une certaine joie de vivre. Ils avaient tous vécu des choses terribles, mais quelle importance aujourd'hui ? C'était un jour de fête. Exceptionnellement, ils n'avaient pas eu cours aujourd'hui et demain non plus. En fait, un répit d'une semaine leur avait été accordé jusqu'à la nouvelle année, autant pour profiter des fêtes que pour se préparer pour la première session du programme d'entraînement de janvier...

Toute la journée avait été ponctuée par les rires des enfants qui jouaient dehors. Il faisait assez froid mais ils s'en fichaient, ils étaient ensemble et pleins d'imagination, rien ne pouvait les arrêter. Ils n'avaient besoin d'aucun artifice pour s'amuser, et de toute façon le maigre budget alloué à cette unité de la défense allait dans les infrastructures.

La nuit venait de tomber. En ce mois de décembre, il était à peine 18h. Charles Henderson regardait la Chapelle se remplir au loin, fumant sa pipe du haut de sa chambre avec une indifférence totale. Eileen avait tenu à tenir un petit discours pseudo-religieux pour les enfants qui avaient été élevés de façon traditionnelle et tenaient à allumer une petite bougie pour leurs proches, sous l'égide de Dieu. Grand bien leur fasse, tant que le directeur n'était pas obligé d'y participer. Il respectait beaucoup de choses, tant que l'on ne le forçait à rien. Après tout, les temps étaient rudes, mais tant que la joie subsistait, il était certain que nous allions gagner ce conflit.

Il était rare que le directeur Charles Henderson se laisse aller à de telles effusions d'espoir. C'était sûrement l'approche de Noël qui lui faisait cet effet là. Il n'était pas particulièrement croyant mais trouvait quand même que les fêtes étaient propices au renouvellement de la motivation des troupes. C'est pourquoi ce soir là, une fois les enfants sortis de la Chapelle et installés dans le réfectoire, il se rendit au premier étage du bâtiment principal avec un accoutrement original : une longue barbe blanche, un habit ample et rouge, un bonnet surmonté d'un pompon ivoire. Les enfants étaient tous assis autour des tables, sur leur chaise en vieux bois parfois un peu moisi. Lorsque l'espion pénétra dans la salle, toutes les petites mirettes de tournèrent vers lui. Les yeux des enfants pétillaient lorsqu'ils se mirent à applaudir gaiement l'arrivée du Père Noël. Charles, tout fier de lui, avança vers la table des maîtres et prit la parole brièvement après s'être installé.

" - Les enfants, je vous souhaite à tous un joyeux Noël ! Que les fêtes soient l'occasion pour nous de reprendre les choses en main dans ce monde quelque peu détraqué. Mais ce soir, rien n'arrêtera notre bonne humeur ! Bon appétit à tous !"

Il était rare de voir un sourire aussi large sur le sourire de l'espion aguerri. A croire qu'il s'adoucissait en fréquentant des enfants à longueur de journée...
Au moment où Charles se rassit, les responsables d'unités se levèrent et s'engouffrèrent dans les cuisines, y ressortant plein de mets somptueux entre les mains. Le personnel servit les enfants, ce qui était du jamais vu ici. Ainsi, chaque recrue se retrouva devant une assiette de foie gras et de victuailles bien alourdissantes. La plupart n'avaient jamais eu droit à un repas de Noël digne de ce nom, leurs yeux pétillèrent d'autant plus fort lorsqu'ils virent toute cette nourriture qu'on leur servait sur un plateau... ils allaient vraiment pouvoir goûter aux joies de Noël !
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Matthias Speth
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MessageSujet: Re: Un petit peu de réconfort en temps de guerre...   Lun 24 Déc - 19:52

Cela faisait un peu moins de trois mois que j’étais arrivé sur le campus de EE-Unit. Je m’y plaisais plutôt bien. Il m’arrivait de me demander ce qu’étaient devenus papa, maman et tout le reste, ce qu’ils étaient devenus, non sans angoisse s’ils étaient encore en vie, ou plus positivement s’ils avaient réussit à s’échapper, ce que j’espérais de tout mon cœur.
Toujours est-il qu’ici, je me plaisais bien. Il n’y avait personne à part Gabriel, à se demander si le service allait toujours exister si cela continuait ainsi. Mais après tout, ce n’était que le début, et c’est toujours un moment difficile. Je savais néanmoins que le personnel travaillait dur pour nous assurer un effort de vie convenable, ce qui n’était pas facile vu l’endroit du campus, des nombreux travaux et du peu d’argent qui était alloué au campus, pour nous assurer une formation d’un haut niveau. Il faut dire qu’ils y arrivaient plutôt bien. Et puis, il y avait les rumeurs d’un futur Programme d’Entraînement Initial possible. Cela me faisait un peu peur.
J’étais devenu fort proche de Gabriel, qui était devenu comme mon grand frère. Pourtant, je ne restais pas très bavard, j’étais heureux, mais j’avais quand même une sorte de désespérance profonde au fond de moi-même, par rapport à ce qui s’était passé. J’avais souvent besoin de moments de solitude, que j’allais passer dehors, pour prendre l’air aérer mon cerveau, etc. Souvent, je laissais mon ami là, tout seul. Parfois, il m’accompagnait mais restait simplement silencieux. C’était bien comme ça pour moi. Je ne sais pas si ça le dérangeait, mais jusqu’ici, il ne s’en était pas vraiment plaint. Je ne rigolais pas beaucoup non plus, et j’avais l’air souvent fatigué. Je l’étais, à vrai dire. Des cauchemars m’envahissaient toutes les nuits, si bien que je me réveillais à chaque fois en sursaut.

Aujourd’hui, néanmoins, c’était fort différent : c’était la veille de Noël. J’avais décidé de faire abstraction de tous mes problèmes psychologiques (le psy m’aidait bien pour ça), de m’amuser, de rigoler, de m’émerveiller. Une fois par an, ce n’était pas trop demandé, et ça allait faire du bien à mon entourage – et quelque part à moi- ! Aussi, nous n’avions pas cours durant cette semaine-ci, nous pouvions donc s’amuser, en toute tranquillité, sans être tracassés par des devoirs à réaliser, où des leçons à apprendre. Nous jouions ainsi à cache-cache, touche-touche, ainsi de suite, tous les jeux tant adorés par les garçons et filles de notre âge.

Il devait être environ 18 heures, lorsque Eileen, la sous-directrice, nous appela pour nous rendre à la chapelle. Personnellement, je n’y croyais pas, à ce Dieu qui permettait toutes ces horreurs. Mais après tout, chacun ses conclusion. La femme nous fit entrer dans le sanctuaire, prononça quelques mots sur la naissance du Christ, et nous demanda d’allumer une bougie en commémoration de nos proches, sous l’égide de Dieu. Je le fis quand même, non seulement pour ne pas casser l’ambiance – je savais mon ami croyant- mais aussi parce que je jugeais pouvoir le faire sans penser à Dieu, mais juste à mes proches. La bougie était une sorte de petit souvenir ou encouragement selon leurs états actuels. Ce Noël serait le premier que je célébrerais sans ma famille, le premier d’une longue série sans doute…
Puis, Gabriel et moi avons couru vers le bâtiment principal, et montions les escaliers quatre à quatre jusqu’au réfectoire du premier étage. M. Henderson avait décoré la salle comme il avait pu. Un petit sapin trônait au milieu des tables, avec quelques boules et des guirlandes. Il n’y avait encore personne. On s’assit à une table dressée, où il y avait déjà des assiettes et des couverts.
À peine avions nous pausé nos fesses sur les chaises que le directeur arriva. Mais pas n’importe comment. Il était accoutré d’un joli déguisement du Père Noël. Joli coup, surtout de le voir avec autant de ventre. C’était drôle. Je me mis à applaudir, suivant ma doctrine du jour du 24 décembre.
-« Bravo, Monsieur Henderson, très beau déguisement ! » dis-je dans un éclat de rire.
Il me répondit par un clin d’œil.
L’homme prit la parole, en s’étant mis débout sur la chaise, pour être bien visible (il avait peut-être oublié que nous étions au nombre incroyable de deux futurs agents). Il nous souhaita un bon appétit et de bonnes fêtes. Et puis, quelque chose d’incroyable : les responsables des unités se levèrent et nous servirent comme des rois. C’était exceptionnel. D’habitude, nous devions nous lever pour que le cuisinier nous serve la soupe. J’aimais de plus en plus Noël, moi !

-« Eh, Gab’, tu trouves pas qu’on devrait fêter Noël plus souvent ? »

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Gabriel Deschamps
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MessageSujet: Re: Un petit peu de réconfort en temps de guerre...   Sam 5 Jan - 19:14

Gabriel était bien sur le campus de EE Unit. Il avait trouvé un équilibre ici, avec une figure maternelle en la personne d'Eileen, et une figure paternelle en la personne de William, l'instructeur du campus. Oui il avait toujours eu du mal avec Henderson, depuis le début il s'était méfié de lui. Et même s'il avait toujours été gentil, il avait cet air sombre et vicieux qui rebutait Gabriel. Il ne lui faisait pas confiance, mais il ne l'avait jamais dit à personne, même pas à Matt' avec qui il partageait pourtant beaucoup de choses. Enfin, moins il fréquentait le directeur, mieux il se portait, mais au moins il n'avait pas vraiment peur qu'il vienne l'abattre dans son sommeil. Quoique...
Non, quelle idée !

C'était un jour de fête. Noël carillonnait joyeusement dans les esprits depuis plusieurs semaines en fait. C'est la fête que Gabriel avait toujours adoré. Il avait toujours passé des fêtes sensationnelles, d'aussi loin qu'il se souvenait. Et puis, il avait été adopté le jour de Noël, alors c'était forcément une date joyeuse ! Il avait toujours fêté cet événement comme il se doit, autant dans son ancien village que dans la forêt avec les amis Tziganes... Tous ces gens lui manquaient... mais il avait toujours connu des fêtes de Noël parfaites. Très religieuses au début, puis de moins en moins à Mervent. C'était la première fois qu'il les passerait sans ses parents... Il n'aurait pas le petit discours d'amour de Jean, ni les embrassades chaleureuses de Luc. Une fois de plus, il se demanda ce qu'étaient devenus ses parents, mais il préférait ne pas y penser. Il préférait rêver la nuit qu'ils s'étaient échappés en tuant tous les gardes et qu'ils étaient devenus des héros de guerre. Mais il n'espérait plus les voir débarquer sur leurs valeureux chevaux pour le sortir de là. Non, il était bien ici, il y avait des gens pour s'occuper de lui. Il espérait surtout grandir comme il fallait et, quand il serait devenu adulte, beau, grand et fort, c'est lui qui irait les retrouver, et...

Gabriel s'était habillé avec sa plus belle chemise pour cette fête. Il descendit à la Chapelle avec Eileen et Matthias. Ici, il écouta distraitement le petit discours pieux de la sous-directrice. Il aimait bien ses paroles, elle avait aussi sa façon personnelle de voir les choses, et puis elle laissait toute liberté aux autres de croire ou pas. C'est aussi pour ça qu'il l'aimait bien, elle était tolérante, plus qu'Henderson qui se moquait des croyants. Pas que Gabriel le prenait pour lui - il ne se définissait plus franchement catholique - mais il trouvait ça assez mesquin. Comme quand lui-même avait traité Matt' de sale Boche à leur rencontre. Il n'avait jamais eu le courage de s'excuser pour ça, mais il le regrettait profondément... il était devenu plus ouvert d'esprit depuis ces trois mois passé à EE Unit.
Le blondinet alluma sa petite bougie et se dirigea doucement vers l'autel. Il récita à voix basse quelques prières que Jean lui avait appris quand il était petit. En disant ça, il remerciait Dieu de l'avoir laissé en vie jusque là, et le suppliait de s'occuper de ses parents et de ceux d'Amisha. Il y en a qui jettent des pièces dans des fontaines pour faire des voeux. Il y en a qui allument de petites bougies. Les forces qui les guident sont les mêmes : l'espoir.

En sortant, les deux amis firent la course pour rejoindre le réfectoire. Matt' était aussi joyeux que Gabriel en cette journée de Noël. Les enfants s'assirent autour des tables, et l'arrivée d'Henderson habillé en père Noël arracha des éclats de rire aux enfants présents. Matthias se permit même un commentaire, qui fit sourire Gabriel. Lui n'osait pas en faire, parce qu'il ne savait jamais comment le directeur allait réagir. Puis, la surprise du siècle, le service commença et les enfants n'eurent même pas à se lever de leur chaise ! On leur servit des plats de choix... les yeux de Gab' pétillaient, il n'avait jamais vu un tel entassement de plats délicieux ! Comme un affamé, il se jeta sur son assiette et se mit à savourer la nourriture, avec une avidité proche de la gloutonnerie. Il oublia complètement qu'il devait faire attention à son alimentation...

« - Eh, Gab’, tu trouves pas qu’on devrait fêter Noël plus souvent ?
- Frérot, si on fêtait Noël tous les quatre matins, on s'amuserait pas autant ! »

Gabriel lança un coup de coude à son ami, avec un clin d'oeil lourd de sous-entendus. Car l'amusement, c'était aussi et surtout des petites blagues finaudes non ? Oui, Gab' avait préparé quelques surprises à son ami. Mais pour l'instant il n'y pensait pas, trop occupé à profiter de ce festin si exceptionnel pour lui !

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MessageSujet: Re: Un petit peu de réconfort en temps de guerre...   Ven 18 Jan - 23:02

-« Frérot » dit-il en marquant une pause, soulignant l’importance du mot prononcé, «Si on fêtait Noël tous les quatre matins, on s’amuserait pas autant ! »

Frérot. Je ne sais pas si le mot avait été sélectionné expressément, ou intuitivement, toujours est-il que cela me touchait beaucoup. On était quand même passé en quelques mois du « Sale Bosch » à « Frérot », le progrès était immense. Il s’était attaché au petit allemand que je suis finalement. Mais le contraire est vrai également : je commençais de plus en plus à le considérer comme mon grand frère. Et cela faisait étrange, parce que j’avais toujours été l’aîné (de personne d’accord, mais quand même) dans la famille.

Ma famille qui me manquait d’ailleurs, autant mon papa – qui nous avait trahi- que maman évidemment, que je n’avais plus revu depuis ce satané jour où nous avons grimé dans ce train menant directement à l’enfer. Ma maison douillette me manquait aussi d’ailleurs. Mais la présence constante des nazis autour de ma demeure fait que j’étais mieux ici, au final, d’autant que Gabriel était un peu comme un substitut à mes proches que je ne reverrais probablement jamais maintenant.
Tout ça, néanmoins, je ne lui disais pas. Je gardais beaucoup de choses pour moi encore, même si j’avais confiance en la majorité des personnes qui m’entouraient. J’étais assez taiseux, silencieux, inexpressif. Mon petit cerveau réfléchissait à toute allure, mais je gardais les résultats de ses calculs pour moi. Par égoïsme ? Non. À vrai dire, je ne sais pas pourquoi, je n’ai pas de raison particulière, peut-être par volonté de ne pas faire vivre mes cauchemars aux autres. J’y pensais fort souvent.
Au risque que les gens me prennent pour des fous –ce que j’étais sans doute un peu- je parlais souvent avec moi-même, je débattais de tout et n’importe quoi. Cela me permettait peut-être d’être plus fort face aux difficultés qui m’entouraient sans cesse.

Gabriel me fit un coup de coude qui, une fois de plus, me fit mettre mon imagination en route, sans vraiment savoir pourquoi… Parce qu’il ne faisait ce mouvement que très rarement ? Où bien son clin d’œil. Quelque chose se préparait dans mon dos, j’en avais bien l’impression. Bah, j’aurais ma revanche bientôt !

Mais maintenant, place à notre estomac, qui fut pour une fois servi comme des petits princes, pendant qu’Henderson faisait le clown sur sa chaise. Il ne devait pas avoir souvent l’occasion de s’amuser comme ça, de passer du bon temps. Je m’entendais bien avec lui, Gabriel s’entendait mieux avec Eileen visiblement. Comme on était que deux, ils s’occupaient bien de nous, tout en restant strict pour nous garantir une bonne formation.

Le dîner avançait bien. Mon ventre commençait tout doucement à protester contre le surplus de nourriture qui s’accumulait dans mon ventre.

-« Oh, j’en peux plus, je suis repu, ich bin satt… »

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MessageSujet: Re: Un petit peu de réconfort en temps de guerre...   Dim 20 Jan - 2:40

Le repas avançait bien, toujours dans la bonne humeur. Henderson enchaînait les blagues qui ne lui ressemblaient pas forcément, que Gabriel trouvait parfois drôles, parfois un peu lourdes. Dans tous les cas, le petit blond se laissait aller, il voulait juste profiter de la soirée avec les gens qu'il aimait - tout du moins, ceux qu'il avait encore... Alors il riait de bon coeur avec Matt', entre deux bouchées. Très vite il sentit son estomac se remplir à ras-bord, mais il avait l'habitude de franchir cette limite pour échapper à la faim qui viendrait plus tard - sauf qu'ici, il n'était jamais affamé, c'était juste une sale habitude qu'il avait pris, habitude qui lui avait pourtant permis de survivre, mais qui lui jouerait des mauvais tours ici... alors, il mangeait sans faim, même si ça lui faisait mal au ventre.

Et puis, il y avait la gourmandise aussi. S'il avait appris étant petit que la gourmandise faisait partie des 7 péchés capitaux, il s'en moquait à présent comme d'une guigne, et même, il prenait beaucoup de plaisir à transgresser les règles que les religieuses lui avaient appris dans son enfance. De toute façon, les religieux étaient tous de sales collabos, alors si on faisait le contraire de ce qu'ils voulaient, c'était aussi une sorte de vengeance... Quand il repensait à toutes ces soeurs, ces bonnes gens qui l'avaient éduqué à l'école... elles avaient regardé ces monstres l'arracher lui, et toute sa famille, à sa forêt, à son foyer. Elles avaient laissé les boches les emmener en enfer, et elles n'avaient pas protesté, ni même bouger le petit doigt. Gabriel imaginait souvent qu'elles avaient peut-être participé à mener les boches sur leurs traces... Le monde est plein de traîtres, surtout les gens qui proviennent de milieux respectables en qui on a confiance en théorie. C'est bien connu, le monde de l'Eglise est bon, c'est pour ça que la mère de Gabriel l'avait abandonné à l'église... et ce sont ces mêmes religieux qui ont décimé sa famille, ses amis, ceux qu'il aimait... dans ce monde, on ne peut faire confiance à personne. C'est aussi pour ça que Gabriel n'arrivait pas à faire confiance à Henderson. On ne peut jamais savoir de quel côté sont vraiment les gens, finalement...

Les yeux de Gabriel s'étaient assombris. Il ne fallait pas qu'il pense à ces choses là en de telles circonstances ! Mais il ne pouvait rien y faire, ses pensées sombres l'assaillaient sans prévenir à n'importe quel moment, il n'était plus vraiment maître de lui même pour ces choses là. Il ne pouvait que relever la tête et sourire. Ce qu'il fit. C'est à ce moment que le ventre de Matt' criait stop. Ca faisait longtemps que celui de Gab' avait dit la même chose, mais il ne l'avait pas écouté - il ne mangerait jamais rien sinon, son estomac était encore minablement petit.

Matthias termina sa phrase en allemand. Gabriel, qui avait presque fini son plat principal, marqua une hésitation. Il reposa sa cuiller, incapable d'avaler une bouchée de plus. Il haïssait cette langue. Chaque fois qu'il l'entendait lui rappelait ces semaines de souffrance et de déshumanisation totale. Cette langue était celle du diable en personne, c'était la langue du serpent qui détruisait le monde. Gab' savait que son ami était allemand et il l'acceptait, il l'aimait tel qu'il était. Mais certaines choses lui rappelaient d'affreux souvenirs malgré lui, et il ne pouvait rien y faire. Si sa conscience séparait parfaitement Matt' des boches, les souvenirs ravivés s'en fichaient. Même si la voix de Matt' n'avait rien de dur, mais tout d'enfantin, de mignon, de joyeux, jovial... ces mots étaient bien les mêmes et ça, le blondinet ne parvenait pas à passer au dessus, pour l'instant. Il ne répondit pas et baissa le regard, de crainte que son ami ne lise la haine qui dansait dans ses yeux. Le jeune Matthias aurait pu comprendre que cette haine été dirigée vers lui, et Gabriel ne voulait absolument pas ça, d'ailleurs ce n'était pas du tout ce qu'il ressentait. Il aimait Matt' comme un frère, c'était indéniable. C'était juste cette langue de l'enfer...

Le dessert fut servi. Ce fut la première fois que Gabriel laissa un plat d'aussi bonne qualité sans l'avoir terminé. A noter dans les annales, s'il vous plaît ! Ce dernier plat fut spectaculaire : une véritable bûche pâtissière. Gabriel n'osait même pas se demander comment le campus s'était procuré ce produit, ni à quel prix. Il se contenta de dévorer du regard cette magnifique pièce d'exposition, avant de la dévorer tout court. Cependant, il ne l'engloutit pas comme les premiers plats du repas, mais y alla très doucement, savourant chaque bouchée - son estomac ne pouvait plus ingurgiter grand chose aussi. Puis, comme ses idées noires s'étaient retranchées dans un coin caché de son esprit, il recommença à rire avec les autres. Il tapota l'épaule opposée de Matt' et lorsque ce dernier se retourna, il lui piqua son bonhomme de neige en sucre, perché sur sa part de bûche. Le temps que l'enfant s'en rende compte et le petit blond avait déjà enfourné le bonbon.

" - Ben quoi, tu es rassasié non ? Alors je t'aide à finir ! "

Nouveau coup de coude, nouveau clin d'oeil. C'était son petit sale coup de la soirée, mais qui aime bien châtie bien non ?

La fin du repas fut assez difficile à gérer pour les estomacs de chacun. Une fois les cuillers posées, Gabriel commença à frapper son poing sur la table, joyeusement, espérant que Matt' le suivrait...

" - Dites, c'est Noël non ? Les cadeaux ! Les cadeaux ! Les cadeaux ! "

Le sourire large, sa joie de vivre était revenue, pour l'instant.

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MessageSujet: Re: Un petit peu de réconfort en temps de guerre...   Dim 17 Fév - 17:45

À peine avais-je fini ma phrase en allemand qu’une belle bûche digne de ce nom arriva à table. Ils voulaient encore que j’avale ça ? J’allais vite déclarer forfait moi ! Je fis néanmoins l’effort de faire pénétrer une cuillère de la glace dans ma bouche. Sans plus parvenir à me contrôler, le reste s’enfila dans mon estomac, malgré la protestation continue de saturation qu’émettait mon ventre. Heureusement, je n’avais pris qu’une petite part. Et puis, Gabriel m’avait volé par la ruse (assez minable, il faut le dire, j’avais honte de m’être fait prendre comme ça) le bonbon qui ornait la pâtisserie dans mon assiette. C’était dit, j’allais me venger !
Quand je reposai ma cuillère, définitivement repu, Gabriel commença à taper du poing sur la table. Je cru qu’il était devenu fou.
Je ne compris rien à sa phrase, à part le « cadeau » répété plusieurs fois à la fin.
Même si je n’étais pas sur qu’ils aient prévu des présents pour nous – ce repas bien copieux n’en était-il pas déjà un ? – mais je le suivis quand même de bon cœur, parce que l’ambiance s’y portait, parce que je ne voulais pas laisser Gabriel seul dans son entrain, et parce que quoi qu’on en dise, nous formions un duo terrible. Aussi, je me mit à scander « cadeau, cadeau, cadeau » de tout cœur avec lui.
M. Henderson, toujours emmitouflé dans son costume de Père Noël, se leva et sorti un « Oh, oh, oh, oh, oh » digne du vrai héros du 25 décembre. « Attendez mes enfants, je vais chercher ma hotte ! »
Nous attendîmes impatiemment nos petites surprises, nous trépignions sur nos chaises tout en essayant de deviner ce que nous allions recevoir, lorsque la porte s’ouvrit. D’abord, rien, puis, un traîneau sur roulettes, avec des rennes devant, entra. C’était vraiment bien fait, et des petites étoiles scintillèrent sur mes pupilles.

-« Wow » dis-je, sans autre mot pour exprimer mon admiration pour le personnel du campus actuellement déguisé en animal, pour nous apporter de façon grandiose nos cadeaux.

-« Ahahaha, les enfants » lança joyeusement le militaire « Voici vos petite surprises ! Amusez-vous bien ! » Il nous lança avec précaution deux emballages et des oranges, avant de faire demi-tour et de nous laisser seuls.

Fébrilement, je me jetai sur l’emballage portant mon nom, laissant le fruit momentanément de côté puisque mon estomac était déjà assez rempli. Et petit à petit, je découvris un petit xylophone en bois et en métal. J’étais content. Je n’avais jamais eu l’occasion de pratiquer un instrument, malgré mes doigts de pianiste. Même si le xylophone n’était pas à proprement parlé l’instrument rêvé, c’était déjà formidable, surtout en temps de guerre.

-« Hey, Gab’, tu as reçu quoi toi ? »

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