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 PEI session n°1 - semaine 3

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William Prest
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MessageSujet: PEI session n°1 - semaine 3   Dim 13 Jan - 13:45

La semaine passée avait été délectable pour William. Il s'était prélassé dans sa petite bâtisse confortable, chauffée comme il faut par une cheminée improvisée. Il avait fait de bonnes nuits, avait mangé bien plus correctement que lors de la semaine de navigation. Bref, il était frais comme un gardon. Il avait bien sûr passé l'essentiel de ses journées à ratisser l'île discrètement pour s'assurer que chacune de ses recrues étaient encore vivante, mais il n'avait pas eu à intervenir, preuve qu'il n'y avait pas eu d'accident notoire. Pour ce septième jour, chaque enfant devait rejoindre leur point de départ, c'est à dire le lieu où ils avaient accosté une semaine plus tôt. Ils étaient attendus avant midi, ce qu'ils réussirent tous, avec plus ou moins de peine. William n'avait aucune idée sur la façon dont ses recrues avaient vécu cette semaine, si elle avait été éprouvante pour eux ou non. Après tout, il les avait observé de loin et n'était pas censé se soucier de leurs états d'âme. La vérité était que pendant cette semaine de détente pour lui, il avait tout de même été relativement nerveux. Il avait beau traiter ses recrues comme des adultes, en les voyant se démener seuls dans la nature, à un âge aussi jeune, il sentait une pincée d'inquiétude. S'il s'était laissé aller, il serait intervenu pour les conseiller et les accompagner. Il s'était fait violence pour rester totalement à l'écart, respectant les ordres à la lettre en bon militaire qu'il était. Mais il n'avait jamais vu, lors de son entraînement, des enfants aussi jeunes utilisés pour servir les intérêts britanniques ! Ils avaient tous moins de dix ans, à part l'un des trois qui avait fêté son anniversaire à peine un jour avant le début de l'entraînement. Les voir livrés à eux-mêmes si jeunes déchirait le coeur de l'instructeur en réalité, mais il se rassurait en les observant de loin. Ils ne semblaient pas forcément souffrir de leur solitude à la tâche, comme s'ils étaient déjà habitués à l'autonomie, à la recherche de solution par eux-mêmes. Ses observations confirmaient donc les arguments d'Henderson, lorsqu'il affirmait que ces gamins étaient prêts à se battre pour leur pays.

Les enfants arrivèrent tous avant que le soleil n'atteigne son zénith. Ils reçurent un repas convenable, leur premier vrai déjeuner depuis le début de la semaine. Mais leur répit fut de courte durée car le reste de l'après-midi fut de nouveau ponctué par des exercices physiques éreintants : pompes, abdominaux, étirements, sprints, tractions... Le repas du soir fut d'une qualité bien douteuse. Vers 21h, William expliqua à ses recrues ce qu'il attendait d'eux lors de la semaine à venir :

" - Bien, vous êtes arrivés à la moitié de votre périple, et vous êtes encore vivants. Je dirai même mieux, vous avez l'air moins chétifs qu'à votre départ, ce qui est plutôt une bonne nouvelle. Je suis assez fier de vous dans l'ensemble, mais je préfère vous prévenir : le pire est à venir. Vous vous êtes bien amusés à jouer les matelots et les chercheurs de trésors pendant ces deux premières semaines. J'espère que vous en avez bien profité ! Mais je vous rappelle que vous avez été choisis pour intégrer EE Unit dans le but de faire de vous des espions au service de sa Majesté. Et qui dit espion dit avant tout discrétion... Pendant cette semaine, nous allons enchaîner les cours de camouflage et de théâtre. Le but est de vous apprendre à réaliser des actes de grand espionnage en paraissant aussi innocent qu'un enfant de votre âge pourrait - devrait - l'être. C'est un art très difficile à maîtriser, mais vous devez à l'issue de cette semaine être insoupçonnable en toutes circonstances. Vous aurez comme la semaine dernière un parcours à effectuer avec des étapes précises. Je serai présent à chaque étape pour vous distribuer vos repas et vous dispenser les cours prévus pour la semaine. Cependant, votre récolte d'informations sera beaucoup plus subtile que la simple recherche autour des légendes de la semaine dernière. A partir d'indices assez minces, vous devrez faire des conclusions fiables quant aux intentions et aux plans d'organisation de votre ennemi potentiel. Vous devrez bien entendu, pendant toute cette semaine, être soit totalement invisible, soit réellement innocent en fonction de ce que vous permettra le contexte. Ce sera à vous de choisir l’attitude à adopter pour ne jamais être repéré ou soupçonné en tant qu'espion. Durant toute cette semaine, nous alternerons les exercices d'entraînement et les applications sur le terrain. Lors de ces dernières, j'incarnerai l'ennemi, et croyez-moi je suis bien entraîné pour détecter les espions... vous devrez cependant tout faire pour que je ne vous remarque pas. J'espère que vous ne me décevrez pas. Voici les premières instructions qui vous donneront le premier lieu à atteindre et surtout, les premières informations que vous devrez récolter. Vous êtes libres de partir dès cette nuit ou d'attendre le lever du jour. Mais vous devrez être au bon endroit au bon moment pour le cours de camouflage de demain... Bonne nuit à vous ! "

Et William s'éclipsa dans sa demeure bien confortable, laissant une fois de plus les recrues livrées à elles-mêmes jusqu'au lendemain.


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    Les instructions du staff :

    Vous devrez raconter chacun une journée de cours et d'exercices de camouflage et d'espionnage successifs. Durant la semaine, vos personnages auront des points de passage parfois identiques et parfois différents, pour alterner les périodes d'investigation en équipe ou en autonomie. Vous choisirez donc l'une des deux solutions, ou vous combinerez les deux dans une même journée en fonction de vos envies. Les critères de notation n'ont pas changé.

    Vous disposez toujours de la carte d'état major donnée par William la semaine précédente, avec des indications écrites supplémentaires. Vous devrez faire preuve d'imagination concernant les lieux et les fausses informations confidentielles à récolter.

    Gabriel Deschamps devra raconter le 6ème jour de la semaine, Matthias Speth le 4ème et Aaron Janow le 3ème. Vous devez avoir publié votre RP de cette troisième semaine avant le 20 janvier 2013, délai de rigueur.

    Bon courage, et à la semaine prochaine Wink
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Gabriel Deschamps
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MessageSujet: Re: PEI session n°1 - semaine 3   Jeu 17 Jan - 16:15

La semaine passée avait été plutôt éprouvante pour Gabriel. Il avait perdu la moitié de la semaine en broyant du noir, et il avait dû s'éreinter deux fois plus le reste de la semaine pour rattraper son retard. Une très mauvaise stratégie en somme, qu'il avait décidé de ne surtout pas reproduire cette semaine. Il s'était rendu compte que William ne les avait pas vraiment abandonné puisqu'il savait comment s'était déroulée la semaine passée... et puis, il avait surtout décidé d'occulter l'avis des autres et de balayer ses états d'âmes. Il avait un but précis et allait s'en tenir. Après tout, c'était son seul but dans la vie, il n'avait pas le droit de le laisser tomber.

Gabriel, depuis le début de cette troisième semaine, avait atteint des capacités physiques remarquables. Il avait recommencé à s'alimenter normalement et les exercices physiques le rendaient plus fort, plus musclé, même si ça ne se voyait pas encore - il avait un sacré retard de ce côté-là. Mais il était dur comme de l'acier, et rien ne pouvait plus le briser. Il se montra remarquablement doué pour les exercices de camouflage. Habitué à se fondre dans la masse dans les camps et à paraître innocent pour être épargné, acquérir un comportement simple, enfantin et sans arrière-pensée était une seconde nature pour lui. Il était donc bon comédien et s'accordait remarquablement bien avec le paysage lorsqu'il l'avait décidé. En revanche, l'espionnage pur n'était pas vraiment son fort. Il avait souvent des difficultés à trouver les documents top secrets ou à repérer l'objectif à atteindre. Une fois qu'il l'avait, il faisait passer son acte d'espionnage pour un acte de la vie courante facilement, mais le plus dur était l'acte d'espionnage en lui-même pour lui...

3ème semaine, 6ème jour.


Les trois recrues et l’instructeur dormaient dans le même campement. La journée de la veille s’était terminée par des cours théoriques jusqu’à une heure assez tardive, et les exercices pratiques devaient commencer dès le matin. Les enfants furent réveillés par leur instructeur qui était d’une humeur assez inégale. L’éloignement du continent et la responsabilité devaient commencer à lui peser, songea Gabriel… il croyait toujours que son mentor était bon, au fond. Le petit savait sentir ce genre de choses.
Car les enfants avaient fini par s’habituer au bruit des oiseaux qui jacassaient nuit et jour. Ça ne les réveillait plus, au contraire, tout comme le bruit des vagues qui s’écrasaient sur les rochers, c’était devenu une vraie berceuse pour eux. Ils commencèrent la journée par un petit déjeuner chaud, fortement vitaminé, protéiné et glucosé. Ils avaient besoin de tous ces compléments pour développer leurs capacités physiques et surtout, pour que leur petit corps d’enfant tienne le choc. Une fois la vaisselle terminée, les trois recrues reçurent leurs instructions de la matinée. C’était la mise en pratique des exercices de camouflage vus la veille. Ils étaient devant un campement allemand et devaient s’en approcher sans se faire repérer. Chacun partit dans une direction différente de l’île. L’orientation était facile pour chaque recrue à présent. Gabriel gagna un endroit en contrebas de l’île où la végétation était un peu moins rase et le sol un peu plus humide qu’ailleurs. Sans hésiter, il s’enduit de terre et tenta d’y coller quelques herbes et feuilles. Le but était que sa peau blanche ne flashe pas trop et soit masquée par des couleurs qui se fondaient mieux avec le paysage. Se repérant une dernière fois avec la carte, il la fourra dans sa poche, sûr de la direction du camp allemand fictif. Il se mit à plat ventre et commença à ramper, obligé de sortir à terrain découvert. Il détestait ces exercices-là, il avait l’impression d’être un soldat à la guerre. Mais si c’était le prix de la réussite… après deux heures et demi de reconnaissance minutieuse des lieux (un vieux campement délabré), il tenta une approche par derrière, au niveau où la végétation était la plus dense (pas énorme non plus, l’île était désespérément rocheuse). Il eut à peine avancé d’un mètre qu’il se prit un faisceau lumineux aveuglant dans les yeux. Son prénom fusa dans le porte-voix de l’instructeur : il était repéré. Il se leva et, de colère, frappa le poing en l’air. Il était dégoûté d’avoir échoué si près du but, en ayant effectué une préparation aussi impeccable. Heureusement, William lui expliqua ses erreurs, et il enregistra chaque détail : la prochaine fois (le lendemain matin, sûrement) il ne serait pas pris ! Il rejoignit les deux autres recrues qui avaient terminé l’exercice avant lui. Il ignorait s’ils avaient réussi ou pas, mais ne posa aucune question. Il était devenu très peu bavard depuis le début du PEI, préférant se réserver aux épreuves qu’on leur imposait.

Le repas du midi fut assez nourrissant également, mais froid. Une fois terminé, les agents reçurent de nouvelles instructions qui devaient les guider toute l’après-midi… Cette fois, la distance à parcourir était considérable. Il ne s’agissait plus d’un simple campement allemand de ravitaillement mais d’une unité armée de contre-renseignement. Il fallait contrer une unité d’espionnage allemande… Gabriel se rapprocha doucement mais préféra rester à distance. Il se plaça sur un promontoire de l’île, où il pouvait observer les environs sans paraître suspect. De temps en temps, il faisait mine de jouer avec des cailloux, ou de chercher ses parents. Il pouvait se permettre ce qu’il voulait, tant qu’il restait hors du territoire délimité par les boches. Ainsi, il resta plus d’une heure à observer le fonctionnement manifeste du camp : les points de surveillance, les habitudes des gardes, le matériel perfectionné dont ils disposaient. Il reconnut avec satisfaction les instruments qu’ils avaient étudié en cours théoriques, dont les radios et les radars, toute nouvelle technologie de guerre utilisée par les allemands depuis peu – les précurseurs en la matière étaient les britanniques… Il se rendit compte que le garde posté au sud-ouest commençait à avoir le soleil dans les yeux. Il décida de profiter de cet avantage pour s’avancer d’un peu plus près, alors que le garde détournait les yeux. Il fit mine de courir après un oiseau pour l’attraper au lance-pierre, jeu qu’il maîtrisait depuis de longues années. Il était donc parfaitement dans son rôle. Il parvint ainsi à franchir le périmètre sans être repéré. La phase la plus difficile allait maintenant commencer : il devait trouver le bâtiment du chef des renseignements et dérober la carte qui détaillait la valse des chars d’approvisionnement. Le but ultime était d’affamer les troupes pour obliger leur repli. Gabriel entra dans un baraquement modeste, un des plus proches de l’entrée. Chaque garde était symbolisé par un objet de la taille de la personne présumée. Gabriel prit soin d’étudier la corpulence de son adversaire – un superbe morceau de bois – qui était à peu près de la même taille que lui. Il ramassa un caillou de taille importante à l’entrée du baraquement et frappa violemment le garde à la tête, en le prenant par derrière. Il put ainsi enfiler son uniforme (c’était sa technique préférée, la plus naturelle pour lui) ce qui lui évitait d’avoir à se camoufler. Il put ainsi déambuler librement dans le périmètre gardé par les boches. Il repéra ainsi le baraquement du chef (William en personne), et en faisant mine de travailler à côté, il put écouter la conversation radio qu’il avait avec un supérieur. L’appel semblait avoir mis l’Oberst William en colère. Il avait une réunion et sortit précipitamment de la cabane, demandant à deux gardes de veiller en son absence. Gabriel rusa alors et proposa à l’un d’entre eux – le plus corpulent – de le remplacer, s’il avait déjà fait beaucoup d’heures. Ce dernier, attiré par le goûter qui l’attendait dans sa tente, ne se fit pas prier. Gabriel prit alors son poste, et en négociant avec le deuxième, il parvint à pénétrer à l’intérieur du bureau, sous prétexte de vérifier si l’endroit était sécurisé jusqu’au retour de l’Oberst. Il eut ainsi quelques secondes pour fouiller la cabane, ce qui était grandement insuffisant évidemment – Gabriel stressait beaucoup d’ailleurs, il s’y croyait réellement. Heureusement pour lui, la carte n’avait pas été scellée car l’Oberst était parti rapidement. Il la saisit et la fourra rapidement et discrètement dans sa poche. Il devait déguerpir vite fait, ou le deuxième garde remarquerait immédiatement ce qu’il venait de faire. Il choisit donc de sortir par la fenêtre de derrière, et grâce à sa petite taille, il parvint à se glisser derrière les tentes. Une fois arrivé en dehors du champ de vision de son camarade garde, il marcha naturellement vers la sortie du campement. Une fois la porte franchie, il accéléra le pas puis se mit carrément à courir lorsqu’il fut hors de vue du camp. Il rejoignit le point de rendez-vous avec trente minutes d’avance. William était reparti, il était sûrement au camp mais Gabriel ne l’avait pas croisé, c’était bon signe ! Trente minutes plus tard, Aaron et Matthias arrivèrent, William sur les talons. Le petit blond sortit la carte de sa poche de façon triomphante. Au bout de 6 jours, enfin, il avait réussi à la perfection un exercice d’espionnage d’une complexité importante.

La nuit était tombée, Gabriel et ses amis avaient bien mérité un léger dîner. Le garçon se coucha et s’endormit rapidement, l’esprit regonflé, motivé à bloc pour la suite.

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Aaron Janow
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MessageSujet: Re: PEI session n°1 - semaine 3   Sam 26 Jan - 11:53

Le camouflage. J’aurais dû exceller, dans ce domaine. J’étais petit, fin, et avais passé ma vie entière à me fondre dans la foule et à être invisible. Invisible aux yeux de mon père, invisible pour les ouvriers, sur les chantiers navals, invisible pour mes camarades, pour qu’ils me laissent tranquille en cours. Invisible. La tâche n’était pas la même, lorsque sa vie était potentiellement en jeu, lorsque son souffle dépendait de sa capacité à ne pas être vu. Lorsque le stress rend le souffle court et bruyant. Pourtant, j’avais de la peine. Je me faisais toujours repéré alors que je tentais de ramper dans l’herbe, et je paraissais toujours suspect quand je jouais l’innocent.
Heureusement pour moi, pour ce qui était de récolter des informations, mon don m’était bien utile. Pas besoin de voler des plans, et donc de risquer que ce soit remarqué, lorsqu’il me suffit de les regarder une minute pour en avoir une photocopie mentale. Et puis, nous n’avions eu que deux jours depuis le premier cours, j’avais encore largement le temps de progresser en camouflage et jeu de rôle. Ce matin, c’était le troisième. William nous réveilla aux aurores avec une alarme stridente. Nous fûmes sur nos pieds en un rien de temps, habillés en un temps record. Une fois prêts, il arrêta l’alarme et, pendant que nous mangions, nous expliqua la journée.
Nous allions commencer par un cours de décryptage. En effet, toutes les informations que nous aurions à rechercher ne seront probablement pas libre d’accès. Entre cryptage numérique et autres codes, nous avions encore beaucoup à apprendre. Et pour la fin de la journée, nous auront droit à une surprise de son cru. Je n’aimais pas les surprises. Pas même les meilleures. Alors celle-ci, je l’appréhendais particulièrement. Quoi qu’il en fût, j’étais résolument décidé à ne pas me laisser faire cette fois-ci.
Le décryptage se passa à merveille. Il me fallut une heure pour voir comment fonctionnaient la plupart des codes. Certains sont faciles, ne constituant qu’à décaler toutes les lettres du même nombre, dans l’alphabet. D’autres, reprennent ce principe, mais en partant de la fin. D’autre encore font figurer les lettres par le nombre de leur place, dans l’alphabet. Mais ce n’étaient pas de ce genre-là qui étaient les plus souvent utilisés. Un codage consistait à avoir un texte de référence, identique pour le receveur et le crypteur. Ce dernier représente chaque lettre par une ligne du texte, puis la place de la lettre dans cette ligne. Si chaque lettre est codée de la même manière, alors il est possible, bien que très difficile, de décrypter le texte, car toutes les lettres n’ont pas la même récurrence. Mais lorsque le texte de référence est un livre, et que chaque lettre est codée différemment, il devient alors quasiment impossible de trouver la signification du code sans avoir le livre en question.
Assez content de moi, je ne m’en fis pas trop lorsque William nous annonça que notre repas ne serait qu’un morceau de fromage posé sur une tranche de pain. Quant à notre mission de l’après-midi. Une base médicale allemande avait été repérée, à une heure de marche d’ici. Nous devions nous y rendre discrètement, et nous débrouiller pour recenser leurs stocks. Il fallait aussi leur dérober une boîte de pilules au nom imprononçable, car l’un d’entre nous était malade, et seuls ces médicaments le sauveraient d’une infection potentiellement mortelle. Nous partîmes donc chacun de notre côté.
Je trouvais la base sans problème. Une grande tente blanche, ornée d’une croix rouge et entourée de divers véhicules figurés par des tas de cailloux. Ça me faisait bizarre, de devoir imaginer que les bouts de bois étaient des arbres, que les planches de notre ancienne barque représentaient des maisons ou des soldats. J’avais un peu de peine avec ça, et je doutais bien que lorsque viendrait le temps d’infiltrer une vraie base, tout serait différent. Mais je n’avais pas à penser à ça. Pour l’instant, la seule chose qui devait me préoccuper, c’était de réussir cette mission à bien.
La tente était plantée au milieu d’une plaine plate et déserte, les herbes ici ne m’arrivaient qu’au genou. Impossible donc d’y accéder en se cachant. J’allais devoir ruser. Jouer un rôle. C’était pour ça, que des enfants étaient choisis, d’ailleurs. Quel intérêt de risquer la vie d’un enfant si un adulte pouvait accéder au même résultat en rampant ? Il fallait donc que je trouve une raison de rentrer dans cette base. Je ne pouvais pas me faire passer pour l’un d’entre eux. J’étais trop petit pour avoir l’air d’un adulte, même d’un jeune soldat. Je ne pouvais pas non plus me faire passer pour le fils de l’un d’entre eux, à la recherche de mon père. Sur une base au personnel si réduit et si contrôlé, impossible de lancer un nom au hasard. La vie de tous les soldats était passée au crible fin avant qu’ils ne soient acceptés pour en soigner d’autre et garder de si précieuses réserves.
Il fallait donc que je trouve autre chose. D’après mon plan fictif, la base était à quelques kilomètres d’un petit village. Je marchais donc, à une distance suffisamment éloignée de la tente pour ne pas être vu, à la recherche désespérée d’une idée, en espérant que marcher m’y aiderait. Mais la plaine n’était pas si plate que ça. Alors que je regardais le plan, je marchais à l’aveugle. Mon pied gauche se prit dans quelque chose, et je tombais à la renverse. Je me vis tomber au ralentis, et tendis les mains par reflexe. Puis je fus par terre, le cœur battant à mille à l’heure.
J’avais mal, donc ça ne devait pas être trop grave. Je jetais un coup d’œil à mes mains. Écorchées par le sol, mais rien de bien grave. Elles allaient sûrement brûler un moment, mais ne devraient pas m’empêcher de mener ma mission à bien. Je regardais derrière moi et vis que je m’étais pris les pieds dans un caillou, masqué par les herbes folles. Je réalisai alors que je m’étais aussi ouvert le genou. Ce n’était sans doute pas trop grave, mais mon pantalon était déchiré et la blessure saignait. Des gravillons s’étaient incrustés à l’intérieur. Rien à voir avec mon avant-bras de la semaine dernière toutefois. Mais j’eus quand même les larmes aux yeux alors que j’essayai tant bien que mal d’extraire les cailloux de la blessure avec mes mains éraflées. Tout cela aurait besoin d’être nettoyé.
Soudain, je m’immobilisais. J’avais mon motif. J’avais trouvé la raison grâce à laquelle j’allais m’infiltrer dans la base. Je laissais la carte là, sous un rocher pour qu’elle ne s’envole pas, et repris la direction de la tente de soins. Alors que j’arrivais en vue de celle-ci, je fis semblant de boitiller. Ce ne fut pas si difficile, puisque mon genou me lançait quand même un peu. William, déguisé en soldat, s’approcha de moi alors que je n’étais plus qu’à quelques mètres de l’entrée de la tente. Il me demanda, en hurlant dans un allemand impeccable, ce que je faisais ici. Tentant de peindre un air souffrant sur mes traits d’enfants, je bafouillais quelque chose d’intelligible. Il remarqua alors le sang sur ma jambe de pantalon et me fis signe d’approcher. Je marchais lentement, cette fois vaguement apeuré. Il jeta un coup d’œil à ma blessure, ronchonna quelque chose que je ne compris pas et me fis signe de le suivre. Il m’emmena jusque dans la tente et me fit asseoir sur une chaise. À l’intérieur, il y avait une rangée d’étagère qui portaient toutes des boîtes de médicaments et en face, quelques planches à terre, qui figuraient les blessés. Je peignis un air choqué sur mon visage et détournai rapidement la tête. Il me demanda ce que je faisais ici alors qu’il tentait de désinfectant rouge la paume de mes mains.
Entre deux sanglots, j’expliquais que je jouais à cache-cache avec des copains et qu’on s’était un peu éloignés. Mais ils m’avaient oublié, et je m’étais fait mal en essayant de rentrer tout seul. Mon allemand était un peu douteux, mais les sanglots et le choc pouvaient l’expliquer. Il jeta un coup d’œil à mon genou et me dit qu’il allait chercher un médecin pour être sûr que je n’avais pas besoin de suture. Je me doutais qu’il allait chercher un responsable, et qu’on me poserait plus de question. Alors dès qu’il sortit de la tente, je sautais au bas de ma chaise. Sans hésiter, je pris un des cailloux portant une petite étiquette sur l’étagère, et le glissais dans ma poche. J’eus juste le temps de revenir m’asseoir avant que William ne revienne. Il n’avait plus son air allemand sur le visage, et je compris que l’exercice était terminé. Il tendit la main, et je lui donnais le médicament. Il hocha la tête en réalisant que c’était le bon, puis me posa quelques questions sur le stock disponible. Je n’avais jeté qu’un rapide coup d’œil aux étagères, mais cela me suffisait pour réciter sans hésiter les noms de tous les médicaments disponibles.
Il acquiesça encore en contrôlant rapidement sur les étagères, avant de se retourner vers moi. Il avait l’air fâché. Il me fit quelques critiques de moindre importance, avant de me passer un savon, me faisant comprendre que je ne pouvais pas me blesser exprès pour entrer dans une base. Il me fit promettre que je n’essayerai jamais de me faire du mal volontairement, même dans le cadre d’une mission pour sauver un ami. Je promis du bout des lèvres, content de discerner une pointe de fierté dans ses yeux. J’avais beau ne pas avoir utilisé la meilleure méthode, j’avais réussi.

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Matthias Speth
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MessageSujet: Re: PEI session n°1 - semaine 3   Lun 28 Jan - 1:08

Troisième semaine, quatrième jour. Il ne restait plus grand-chose à franchir avant de devenir agent opérationnel. Je crois très franchement que nous allions tous réussir. Nous en étions capable, j’en étais convaincu. De toute façon, j’étais convaincu d’une autre chose, c’est qu’au delà des performances que nous avions déjà livrés, ils ne pouvaient nous refuser l’accès au statut d’agent opérationnel, parce que nous étions tout simplement les premiers, et que si nous ne pouvions pas aller œuvrer dans le monde, ee-unit était fini. Ce n’était pas beaucoup plus compliqué. L’exercice d’aujourd’hui, par contre, l’était bien d’avantage.
Si la traversée de la mer s’était globalement bien déroulée parce que je m’étais découvert des talents de nageur, et si les énigmes ne m’avaient pas posées de difficultés énormes, le camouflage et le mensonge étaient des matières où je devrais offrir un effort plus conséquent. Mais j’étais prêt à le fournir, parce que j’avais au moins découvert quelque chose durant ces quelques semaines : la rage de vaincre. Et cette chose si étrange, si nouvelle pour moi, allait à l’encontre de mon comportement jusqu’ici. Il y avait de quoi s’y prendre la tête. Mais maintenant, je n’avais pas le temps, et quand j’en avais un peu, j’étais trop fatigué pour y réfléchir. Ce serait une fois de retour au campus que je pourrais faire un bilan convenable, avec le calme et le recul. Mais nous n’y étions pas encore…

Cette fois-ci, il fallait pousser son interlocuteur à en dire plus qu’il ne le veut. Ce n’était pas forcément facile, pas plus quand on était un enfant en tout cas. Le fait que ce soit Mister Prest qu’il fallait pousser à déborder n’était pas un élément fort favorable à la réussite de l’exercice. Nous passions chacun à notre tour. Gabriel était le premier à passer, mais je ne pu lui demander comment cela avait été parce que quand l’instructeur vint me chercher, mon ami n’était pas en vue. Il avait du sortir de l’autre côté du campement, en attendant l’exercice suivant. On devrait passer plusieurs tests d’aptitudes à la manipulation de l’ennemi.
La manipulation…Voilà quelque chose dont j’avais horreur. Mais bon, cette guerre inhumaine nous faisait mettre bien de nos valeurs de côté de toute façon.
L’homme me fit un signe pour approcher et me fit rentrer dans le campement. Il faisait un peu sombre dans la tente improvisée qu’il nous avait fait construire à partir de quelques lambeaux de tissus au début de cette semaine. Le résultat était assez convaincant je devais dire. Il n’avait éclairé le tout que d’une faible lampiotte. D’étranges ombres se dessinaient sur son visage, si bien qu’il était rendu encore plus effrayant. Surtout, je ne devais pas montrer ma peur au bonhomme. C’était signe de faiblesse.

-« Matthias » commença-t-il « Voilà la situation dans laquelle nous nous trouvons ». Il me tendit un papier, avec un sourire sadique. Je devinai que tout était écrit dedans. Ce que je ne m’imaginais même pas, par contre, c’était que tout était écrit en alphabet cyrrilique, que nous avions appris durant les premiers jours. De l’anglais en caractères russe. Je n’avais rien retenu. Les Р qui se prononcent « r », les В qui se prononcent « v », et puis les lettres inconnues au bataillon tel que le Д, le Ж ou encore le Я… Je finis quand même par pénible déchiffrer l’anglais que je maîtrisais plutôt bien grâce à mon papa.

L’homme en face de vous est un français présumé collaborateur du régime nazi. Il serait un membre actif du SOL, ou Service d’Ordre Légionnaire, qui veille au maintient de l’ordre – à la traque aux juifs, les communistes et les résistants-. Selon les documents déjà récoltés, il pourrait être un haut gradé de ce « service ». Les résistants cherchent absolument à l’arrêter, parce que sans lui, il est possible que l’efficacité de la collaboration soit fortement amoindrie…

Rapidement, je réfléchi à comment aborder le sujet avec lui sans que cela ne lui paraisse trop étrange. Un bonne technique pour qu’il parle était l’énervement. Semer la zizanie dans la tête de votre cible, et il vous livrera ses pires secrets sur un plateau d’argent.
Je me redirigeai vers lui. J’avais mon plan. S’il jouait bien son rôle, s’il était dedans, cela pouvait marcher.

-« Bonjour, monsieur » dis-je dans un français très acceptable, malgré une petite pointe d’accent que je tentai de dissimuler tant bien que mal « je voudrais vous poser une question pour un sondage, que l’on doit réaliser pour l’école, voulez-vous bien y répondre, s’il vous plaît ? » Je ne savais pas trop quel air donner, je décidai donc d’en prendre un tout à fait normal. Il fallait montrer que rien ne clochait.
L’homme hocha de la tête. Bon signe.

Il fallait maintenant que je formule bien ma question, que je formule bien les réponses, avec toute la naïveté qu’à un enfant, tout en étant assez percutant pour l’énerver.

-« Voilà, nous essayons d’aborder un peu l’actualité allemande dans notre classe, pour un peu mieux comprendre la guerre, en fait ! Et chaque élève doit faire un petit travail. Moi je dois essayer de voir ce que la population étrangère – française- en pense. Voilà ma question : Que pensez-vous de ce que fait le premier homme d’Allemagne ? »

-« Ecoute, mon p’tit garçon, moi je ne m’intéresse pas vraiment à l’Allemagne, à tout ce que fait leur chancelier, moi je vis ma vie tranquil’ et j’aime qu’on me foute la paix »

Il niait. Je ne sais pas si sa dernière phrase était destinée au régime allemand ou à moi-même ; quoiqu’il en soit, je décidai de continuer.

-« La paix en temps de guerre ? » rétorquai-je, mais d’une voix toute douce propre à un enfant encore un peu naïf – ce que je ne pouvais plus être- qui essaye de comprendre les imbécillités que lui balance un adulte, croyant que c’est la voix et la parole du sage qui lui vient à l’oreille.

Il me regarda un petit instant. « Bah, euh, oui. Dans ma campagne, personne ne vient larguer des bombes, personne ne vient prendre les juifs pour les mettre dans des camps. »

Il continuait à nier. Mais j’avais déjà marqué plusieurs points. Son hésitation en début de phrase montrait son malaise dans la situation. Et puis….

-« Ils envoient des juifs en camp ? » continuai-je avec ma voix fluette de petit garçon innocent.

De nouveau, il me regarda. Il commençait à comprendre qu’il en avait déjà dit trop. Mais ma question était expressément ouverte, je ne parlais pas des liens que j’avais faits dans ma tête.

-« Euh… Oui, c’est ce que j’ai pu comprendre, moi ça m’est un peu égal tout ça… » dit-il en baillant.

-« Ils sont en train de massacrer des millions de personnes, et ça ne vous fait rien ? » dis-je en fronçant des sourcils.

-« Bah…Ils sont juifs… ! » lança-t-il sans avoir trop réfléchi. Il se plaqua les mains sur la bouche- marquant son erreur d’une manière encore plus forte-. Je ne sais pas si l’instructeur faisait exprès ou s’il était plus idiot qu’il n’y semblait. Je devais pousser l’interrogatoire encore un peu plus loin. Parce que tout ceci ne précisait pas son implication dans une quelconque organisation collaboratrice.

-« Mais en quoi méritent-t-ils cela ? »

Il me regarda bouche bée, sans doute ne sachant que répondre à cela… Il bafouilla avant de me dire « Eh bien parce qu’ils sont une menace pour l’humanité, je sais pas moi. Si les hauts hommes d’état disent ça, c’est qu’ils en savent quelque chose quand même ! »

-« C’est peut-être vrai » marmonnai-je, même si je n’en croyais pas un mot « Vous soutenez tout ce qu’il se passe donc ? »
-« Bah euh oui, plus ou moins. »

Soit la discussion était close, soit, je devais l’énerver. Seconde option…

-« En vous écoutant, vous me semblez bien informé, je trouve. Vous avez quelque chose à cacher ? » Je ne jouais plus du tout à l’enfant là.
-« Mais, mais non enfin, je. Comment ose-tu prétendre une telle chose ? Tu manques sérieusement de respect mon ami ! »
-« Parce que vous vous en avez peut-être ? Vous ne considérez pas les juifs comme des êtres humains ! »
Son visage devint rouge. Il jouait vraiment bien la comédie…
Il se leva de son siège, l’envoyant valser plus loin.
-« Tu sais quoi ? Je vais te traiter de la même manière que ces vaux riens. Tu dois sûrement avoir du sang juif dans tes veines. Ahhhh, tu me dégoûtes, j’vais t’envoyer à la Gestapo, comme tous ces autres êtres impurs, tu vas voir ! »
Je restai calme. Je ne montrais pas ma peur.
-« Ah donc vous collaborez avec le régime d’Hitler… Je vois… Vous me répugnez. Mais soit, je vous laisse, je vais aller interviewer d’autres personnes plus saines que vous… » Je me retournai, satisfait de mon coup, et sorti de la tente. Il y’avait là de quoi reprendre des forces, j’en aurais surement fort besoin pour ce qui m’attendais encore d’autre…

[Je ne crois évidemment pas à tous les propos racistes que tient l'instructeur, il n'y croit pas non plus, puisqu'il joue un rôle Wink]

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Un monde parfait? Regarde ce monde, c'est un grand carnaval !

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